Du 23 au 30 mai 2026, le Mégothon revient pour une quatrième édition. Objectif annoncé : dépasser les 2 millions de mégots ramassés partout en France et rappeler que ce petit déchet, devenu presque invisible dans l’espace public, reste l’un des symboles les plus persistants de la pollution liée au tabac.

Un mégot jeté au sol n’est pas un petit déchet anodin
Il est partout. Sur les trottoirs, dans les caniveaux, devant les gares, sur les plages, au pied des bureaux. À force d’être omniprésent, le mégot a fini par disparaître du regard. C’est précisément ce constat que veut combattre le Mégothon, qui revient du 23 au 30 mai 2026 pour une nouvelle semaine nationale de collecte.
Selon les organisateurs, au moins 8 milliards de mégots seraient jetés au sol chaque année en France. Un mégot mal jeté peut mettre plus de dix ans à se dégrader dans les espaces naturels. Son filtre contient notamment des milliers de fibres d’acétate de cellulose, susceptibles de se diffuser dans l’environnement, les sols, les rivières et les océans.
L’enjeu n’est donc pas seulement esthétique. Il est aussi environnemental. Le mégot concentre à lui seul une partie du problème posé par les déchets du tabac : il est petit, banal, massivement répandu, et trop souvent considéré comme négligeable.
Une mobilisation nationale du 23 au 30 mai
Pour cette quatrième édition, le Mégothon veut franchir un nouveau cap. L’objectif affiché est de dépasser les 2 millions de mégots collectés grâce à des ramassages organisés partout en France. Citoyens, associations, écoles, collectivités et entreprises peuvent créer ou rejoindre une mission via la plateforme nationale du Mégothon. Celle-ci permet de géolocaliser les collectes et de suivre les résultats en temps réel.
L’édition 2025 avait déjà permis de ramasser près de 1,91 million de mégots, avec 5 204 participants, 283 ramassages organisés et 31 départements mobilisés.
La semaine sera aussi ponctuée par les Éco-Games, un challenge collaboratif en équipes porté par The Clean Project. Trois étapes sont prévues : Toulouse le 26 mai, Lyon le 27 mai et Paris Bastille le 29 mai. Les équipes s’affronteront lors de missions de ramassage, avec un classement en direct.

Un final à Paris, place de la Bastille
Le point d’orgue de cette édition aura lieu le 30 mai, place de la Bastille, à Paris. Les organisateurs annoncent 10 000 participants attendus, plus de 2 000 m² d’éco-village consacré à l’eau et à l’éco-responsabilité, ainsi que des animations destinées au grand public. L’événement est coorganisé avec Pierre-Ambroise Bosse, champion du monde du 800 mètres et co-président de The Clean Project.
Le Mégothon 2026 est coordonné par un collectif de huit structures : World Cleanup Day France, Wings of Ocean, DEA, C.L.O.P.E., Cleanwalker, Team River Clean, LOPP et The Clean Project. Ludovic Franceschet, éboueur et créateur de contenu, ainsi que Pierre-Ambroise Bosse, en sont les parrains.
Ludovic Franceschet résume l’objectif de l’opération comme la volonté de transformer un geste banal « en signal fort ».
Le rôle d’Alcome et de la filière tabac
L’opération bénéficie du soutien de #MonMégotOùIlFaut, la marque-programme de l’éco-organisme Alcome. Son objectif est de sensibiliser les fumeurs au bon geste : jeter son mégot dans une poubelle, un cendrier ou un cendrier de poche.
Alcome n’est pas un acteur anodin dans ce dossier puisqu’il est l’éco-organisme agréé pour la filière des produits du tabac équipés de filtres composés en tout ou partie de plastique. Selon l’ADEME, son agrément couvre la période allant du 28 juillet 2021 au 31 décembre 2026. La filière REP tabac impose aux producteurs concernés de contribuer financièrement à la prise en charge de leurs obligations, notamment via une éco-contribution.

Un symbole utile, mais pas une solution suffisante
Le Mégothon a le mérite de rendre visible un problème qui ne l’est plus. Ramasser des mégots pendant une semaine ne suffira évidemment pas à régler la pollution provoquée par les filtres de cigarettes. Mais l’opération rappelle une réalité simple : le mégot ne disparaît pas une fois jeté au sol.
La réussite d’une telle mobilisation dépendra donc moins du seul nombre de mégots ramassés que de sa capacité à changer les habitudes. Cendriers de poche, poubelles adaptées, sensibilisation des fumeurs, implication des collectivités et responsabilité des producteurs : la lutte contre les mégots ne peut pas reposer uniquement sur des opérations ponctuelles de nettoyage.
Le Mégothon 2026 se veut justement un déclencheur. Une semaine pour ramasser. Mais surtout une semaine pour rappeler qu’un mégot jeté par terre n’est pas un détail. C’est un déchet. Et il finit toujours quelque part.


